Un peu d'histoire

L'origine du village de Foucherans reste incertaine.

Saint Maximin, qui aurait été évêque de Besançon au IIIème siècle se serait retiré dans les forêts proches du village. Il y serait mort en ermite et une chapelle contenant ses restes aurait été édifiée à cette époque.

Au XIIème siècle, une famille de Foucherans apparaît, arborant un blason

d'azur à deux bourdons d'or, ayant en chef une coquille également d'or

Un de ses membres, Renaud, fit construire un château en 1517. A ce sujet, au siècle dernier, plusieurs auteurs signalent les vestiges d'un château-fort, dont on ignore précisément l'emplacement. Situé

sur un monticule peu élevé

le château-fort est mentionné en ruines en 1827 : les restes des fossés et d'une tour carrée étaient encore visibles. Le linteau de la porte portait cette inscription :

L'an 1517, fut commencé ce maisonnement, par Renaud de Foucherans

Ce château fut probablement détruit à l'époque des guerres du XVIème siècle.

Une église aurait existé à Foucherans dès le XIIIème siècle, mais ce n'est qu'en 1733 qu'un curé fut nommé. Le clocher fut reconstruit en 1724 et au XIXème siècle, jugée trop petite, l'église fut reconstruite par l'architecte E. Vieille ; on ne garda que le clocher. Elle est consacrée à Saint Philippe et Saint Jacques.

L'école et la mairie
L'école et la mairie
La Vierge
La Vierge
Le bas du village
Le bas du village
La Vierge et la promenade
La Vierge et la promenade
La rue principale
La rue principale
La 'promenade'
La 'promenade'

A la Révolution, les Foucheranais se montrèrent rétifs aux mesures anti-religieuses. En novembre 1791, le District d'Ornans annula les élections municipales, car on avait élu les plus fameux contre-révolutionnaires. A tel point qu'il fallut réorganiser trois fois les élections. Les Foucheranais persistèrent et le District finit par pourvoir lui-même à l'administration de la commune. En 1792, les prêtres réfractaires vinrent ouvertement célébrer la messe. En 1795, autour de la chapelle Saint Maximin, des milliers de personnes se retrouvent pour écouter les prêtres réfractaires et jurer haine à la République. Il fallut attendre le Concordat pour que les contre-révolutionnaires apaisent leur courroux.

Le 27 janvier 1833, un important incendie détruit 10 maisons. L'année suivante, le 9 août 1834, la foudre s'abat sur le village : 15 maisons furent brûlées.

Une fromagerie (aujourd'hui transformée en mairie) fut créée en 1849, elle fonctionnera jusqu'en 1960.

Saint-Maximin

Maximin aurait été le deuxième évêque de Besançon, au cours du IIIème siècle. Après avoir confié le diocèse à son disciple Saint-Paulin, il aurait fini sa vie en ermite dans le bois au nord de Foucherans.

Ceci est à prendre au conditionnel, car les preuves de son existence sont rares.
En marge du sacramentaire d'Hugues de Salins (archevêque de Besançon de 1031 à 1066) figure un catalogue des évêques de Besançon, où figure Maximinus. Un catalogue, conservé à la bibliothèque du Vatican et provenant du scriptorium d'Hugues de Salins, mentionne Maximin en deuxième place et Paulin en troisième place. Ce sont les plus anciennes références à Saint-Maximin.
Dans une copie du XVème siècle d'un manuscrit du XIème siècle, figure une annotation stipulant :

Maximin repose à 6 milles de Besançon et son disciple Paulin à Saint-Etienne

A la même période, un moine de l'abbaye Saint-Paul de Besançon rédige, dans sa Gesta Chrysopoliteanae Eclesia, des notices sur la vie des saints. Considérées par les spécialistes actuels comme hautement fantaisistes, ces notices ont contribué à la diffusion de l'histoire de Saint-Maximin. C'est sur ce texte que se basa, au début du XVIIème siècle, Jean-Jacques Chifflet pour écrire :

Saint-Maximin fut envoyé à Vesontio et consacré évêque par le pape Caius (pape de 283 à 296). Ayant bien réglé toutes choses et ayant mis Paulin à sa place, aspirant à une vie plus solitaire, il vécut en ermite dans un bois, distant de 6 milles de la ville, où il resplendit d'une telle ardeur de vie sainte et de prédication, que la parole n'est pas capable de l'exprimer. Les chrétiens allaient nombreux le visiter dans sa solitude. Les aveugles recouvraient la vue, les malades étaient guéris de leurs maux... Un oratoire lui est maintenant consacré... et on dit que les malades de la goutte, qu'on y amène, éprouvent la puissance de Saint-Maximin.

(Source : http://fr.wikipedia.org)

Ce texte a certainement été composé pour justifier la présence, à l'orée du bois au nord de Foucherans, d'une petite chapelle consacrée à Saint-Maximin en 1410 (date confirmée par un parchemin retrouvé scellé sous l'autel).

Dans le diocèse de Besançon, Saint-Maximin est fêté le 29 mai. Cette fête a été introduite dans le calendrier liturgique au XVème siècle par l'archevêque Charles de Neuchâtel, sans que l'on sache s'il s'agit de Saint-Maximin de Vesontio ou de Saint-Maximin de Trêves (évêque de Trêves vers 346).
Un important pèlerinage avait lieu en cette chapelle le 29 mai. En 1704, le pape Clément XI accorde une indulgence plénière à tous ceux qui viennent y communier. En 1759, le cardinal de Choiseul, archevêque de Besançon, fait effectuer des fouilles dans la chapelle. Des ossements humains y seront retrouvés. Ceux-ci seront maintenus sur place et la chapelle sera reconsacrée à Saint-Maximin de Trêves.

Chapelle de Saint-Maximin
Chapelle de Saint-Maximin
Chapelle de Saint-Maximin
Chapelle de Saint-Maximin

En 1745, l'archevêque de Besançon s'indigne du fait que les pèlerinages en l'honneur des saints soient des prétextes pour remplir les cabarets et les lieux de débauche. Il écrit :

A Saint-Maximin, on n'entend que tambours et haut bois, on ne voit de tous côtés que danses et amourettes

En 1759, la justice s'en mêle. Un cabaretier d'Ornans est condamné à fermer son établissement près de la chapelle. Le bail passé entre un autre cabaretier et le village de Foucherans est déclaré nul en 1772 par l'intendant de la Province. Le premier cabaretier ayant fait appel devant le parlement, celui-ci décide, dans son arrêt du 1er juillet 1774 :

Défense à toutes personnes de tenir cabaret, vendre du vin, établir des jeux, des danses près de la chapelle de Saint-Maximin, en quelque temps que ce soit, à peine de 10 livres d'amende.

Le parlement ordonne également

de faire réparer les portes, d'en remettre la clé au curé, afin qu'elle soit fermée la nuit et les jours qui ne seront pas destinés à la dévotion.

Ces décisions reposent sur les constats énumérant les produits vendus par les cabaretiers, les noms et les domiciles des consommateurs et la période des ventes.

Ces interdictions ne mettront cependant pas un terme à ces pèlerinages, peu sujet à la dévotion.
En 1777, l'évêché fait transférer les ossements découverts en 1759 à l'église de Foucherans et fait démolir la chapelle. Les pèlerins continuent cependant à visiter les ruines.

Durant la Révolution, le lieu devient un point de rassemblement des catholiques, provoquant en 1795 l'envoi de commissaires de la Révolution, accompagné de la force armée.

A la fin du XIXème siècle, des notables restaurent le pèlerinage de Saint-Maximin. La chapelle est reconstruite et consacrée à Saint-Maximin de Vesontio, le 29 mai 1866, par le chanoine Besson, futur évêque de Nîmes.
Le pèlerinage s'est poursuivi d'année en année, jusqu'à la fin des années 1950.